La phytothérapie chez le veau

La phytothérapie se définit comme l’utilisation de végétaux ou de préparations à base de plantes pour prévenir ou traiter une pathologie.

Parmi les affections les plus courantes, et parfois graves, les diarrhées néonatales représentent la majorité. Mais on peut également citer les maladies respiratoires, ainsi que les infections du cordon ombilical.

Chaque plante contient des centaines de molécules différentes (dont certaines sont toutefois parfois toxiques !) qui sont utilisées toutes ensembles sans purification préalable des principes actifs.


La prescription d’un traitement phytothérapique fait en général suite à l’examen de l’animal, qui permet de poser un diagnostic, et donc de proposer une/des plantes dont les effets vont s’opposer aux symptômes, ou renforcer les défenses de l’individu malade. La phytothérapie agira donc plutôt de manière progressive et douce, et sera utilisée en prévention ou soutien lors de périodes à risque, lorsque le métabolisme de l’animal est fortement sollicité, ou de façon curative pour stimuler une fonction défaillante.

Ces dernières années, avec le développement de l’agriculture biologique et de l’expansion du développement durable, les éleveurs manifestent un intérêt certain pour les médecines complémentaires (des formations sont d’ailleurs proposées par des Chambre d’agriculture) ; la phytothérapie en fait partie.

En dépit de ces aspects règlementaires, de plus en plus d’agriculteurs ont recours à la phytothérapie, notamment en ce qui concerne les veaux. Certains médicaments sont déjà formulés et correspondent à une pathologie particulière, d’autres seront des préparations réalisées en fonction des besoins. Il conviendra d’être vigilant quant aux interactions possibles des plantes entre elles, ou des plantes avec d’autres médicaments conventionnels.

La phytothérapie chez le veau 1
La phytothérapie chez le veau 2

Les différents procédés utilisés en phytothérapie

Les veaux peuvent être particulièrement touchés durant leurs 4 premières semaines de vie. Ces affections sont sérieuses parce que la diarrhée entraîne une diminution de l’absorption des nutriments essentiels au veau, ainsi qu’une déshydratation. En cas d’atteinte grave, le veau peut mourir ; s’il survit, ses performances de croissance risquent d’être moins bonnes que celles des veaux en bonne santé.

L’obtention de la matière première peut se faire par cueillette des plantes dans la nature (cela suppose de bonnes connaissances en botanique, pour savoir quelle est la meilleure période de récolte, et le respect du milieu dans lequel on effectue la cueillette), ou encore par culture des plantes qui présentent un intérêt thérapeutique. Là aussi, les conditions de culture, de récolte, et de conservation des végétaux sont fondamentales pour obtenir des  plantes de qualité.

La plante est ensuite transformée : on choisit la partie de la plante que l’on veut conserver pour le médicament (tige, feuilles, racine,…) et on la transforme de différentes façons :

  • Alcoolat : liquide obtenu après distillation de l’alcool sur une plante
  • Décoction : solution obtenue après ébullition prolongée d’une plante
  • Extrait végétal : substance obtenue après évaporation partielle d’une plante en solution
  • Infusion : plante plongée quelques minutes dans l’eau bouillante
  • Macérat : plante traitée avec de l’eau, de l’alcool…

En élevage, les principales formes utilisées en phytothérapie sont :

  • Les plantes sèches, en décoction ou infusion (en général 50 à 80g de plante sèche par litre d’eau) ; ce type de manipulation demande du temps à l’éleveur.
  • Les plantes broyées, que l’on peut introduire dans l’alimentation des animaux, dans des pierres à lécher ou des condiments minéraux.
  • Les extraits fluides : solutions alcooliques contenant les principes actifs des végétaux ; stables et faciles à utiliser, mais souvent insuffisamment concentrés. Les teintures mères sont plus intéressantes, 10 fois plus concentrées.
  • Les extraits secs : principes actifs obtenus par extraction avec des solvants volatils ; on obtient une poudre qui peut facilement être incorporée dans des gélules ou comprimés.
  • L’utilisation d’huiles essentielles ou aromathérapie : composés obtenus par distillation de plantes ou parties de plantes qui peuvent être appliqués localement ou ingérés.

Nos articles Veau nouveau-né et documents

Prévention des maladies chez le veau nouveau-né

Parmi les affections les plus courantes, et parfois graves, les diarrhées néonatales […]